
Ordre des Chevaliers Elus Cohen de l'Univers
Loggia "L.C. de Saint-Martin"
Capitolo dei Réau+Croix
«La precisione delle cerimonie non basta
.... occorrono zelo e santità di vita, occorre
una preparazione spirituale fatta di preghiere,
ritiro, digiuno e meditazione....»
(Martinez de Pasqually: « Extrait de Préparation
et de Précaution pour une Réception de Réau+Croix
». Mss. du 18°siècle ).
Il Capitolo dei Réau+Croix è un Ordine interno dell'Antico Ordine Martinista riservato esclusivamente ai S:: I:: della Via Teurgica.
DE
J.B.
Willermoz, Réau-Croix dans l'Ordre des Cohen,
membre de son Tribunal Souverain,
fut par la suite le chef véritable de
Mieux
encore, il constitua, au sein de ceux-ci,
c'est-à-dire, au sein de l'Ordre Intérieur,
une classe secrète complémentaire, composée
de deux nouveaux grades : le
"Chevalier Profès" et le "Chevalier
Grand-Profès".
Nul
n'ignore que, dans les Ordres Religieux et
dans les Ordres Chevaleresques, le
Profès et le Grand-Profès sont des religieux
qui ont prononcé des voeux d'ordre
et ainsi quitté le noviciat. On ne saurait
mieux souligner que Willermoz a un
plan bien à lui, longuement mûri, et qu'on
ne saurait lui nier une arrière-pensée
fort nette en cette modification considérable.
L'histoire de la "Stricte
Observance Templière » pourra être étudiée
avec fruit dans l'ouvrage
d'Alice Joly: "Un Mystique Lyonnais
et les Secrets de
Or,
voici comment J.B. Willermoz présente le
plan qu'il avait conçu, ses raisons,
d'être et sa réalisation.
Dans
une lettre du 12 octobre 1781, adressée au
Prince de Hessel-Cassel, écrite
ainsi sept années après la mort de don Martinez
de Pasqually, il s'exprime
ainsi: «Au commencement de l'année 1767,
j'eus le bonheur d’acquérir mes
Premières connaissances dans l’Ordre dont
j'ai fait Mention ci-devant à
Votre Altesse Sérénissime.
Celui
qui me les donna étant favorablement prévenu
pour moi par ses informations et
examens, m’avança rapidement et j’obtins
les six premiers degrés (1). Un
an après, j’entrepris un autre voyage en
cette intention et j’obtins le
septième et dernier (2), qui donne le titre
et le caractère de chef dans cet
Ordre. Celui de qui je l’ai reçu se disait
être l’un des sept Chefs
Souverains Universels de l’Ordre, et a souvent
prouvé son savoir par des
faits.
«En
suivant ce dernier, j'eus reçu en même temps
le pouvoir de conférer les degrés
inférieurs (3), en me conformant pour cela
à ce qui me fut prescrit.
"Cependant
je n'en fis nul usage pendant quelques années,
que j'employais à m'instruire
et à fortifier, autant que mes occupations
civiles purent me le permettre. Ce
fut seulement en 1772 que je commençais à
recevoir mon frère médecin, (4) et
peu après les frères Paganucci et Périsse
du Luc, que Votre Altesse, aura vus
sur le tableau des Grands-Profès. Et ces
trois sont devenus depuis lors mes
confidents pour toutes les choses relatives
que j'ai eu la liberté de confier
à d'autres.
"Il
est essentiel que je prévienne Votre Altesse
Sérénissime que les degrés du
dit Ordre renferment trois parties.
"Les
trois premiers degrés (5) instruisent sur
la nature divine, spirituelle,
humaine et corporelle, et c'est précisément
cette instruction qui fait la base
de celle des Grands-Profès. Votre Altesse
Sérénissime, pourra la reconnaître
par leur lecture.
"Les
degrés suivants (6) enseignent la théorie
cérémonielle préparatoire à la
pratique, qui est exclusivement réservée
au septième et dernier (7).
"Ceux
qui sont parvenus à ce degré, dont le nombre
est très petit, sont assujettis
à des travaux ou Opérations particulières
qui se font essentiellement en mars
et en septembre. Je les ai pratiqués constamment
et je m'en suis bien trouvé...
»
Un
peu plus loin, Willermoz nous dit encore
ceci: "Quant aux instructions secrètes
(des Grands-Profès), mon but, en les rédigeant,
fut de réveiller les Maçons
de notre Régime (
Or,
une lecture et un examen plus attentifs de
cette lettre nous ont permis du
constater que Willermoz, afin d'écarter la
trop pressante curiosité du Prince
de Hesse-Cassel, n’a pas dit l’exacte vérité.
Faut-il l’en blâmer ?
Nous ne le croyons pas, car sa prudence a
été utile et a protégé l’Ordre
des Cohen longtemps après sa mort.
Tout
d'abord il est inexact que Willermoz ne put
transmettre que les degrés inférieurs
de l’Ordre. En tant que Réau-Croix,.._ Il
avait le Pouvoir de faire un Réau-Croix...
évidement !
C'est
Bacon de
"S'il
y a plusieurs Réaux-Croix ensemble, les trois
opérations seront faites par
deux d'entre eux et par le député pour cette
adoption qui fera la dernière".
"Celui
qui reçoit un Réau-Croix, surtout dans les
temps hors du l'ordinaire, doit prévenir
tous les Réaux-Croix absents, assez de temps
à l'avance pour qu'ils puissent
se joindre de leur côté, et aussi pour qu'ils
puissent ensuite reconnaître,
la légitimité de la réception. »
Ainsi,
on le voit par ces articles, l'Ordination
de Réau-Croix est répétée trois
fois, soit par le Réau-Croix Ordonnateur,
soit par trois affiliés du même
grade, chacun à leur tour. Mais il est faux
que Willermoz, en tant que Réau-Croix,
n'ait pu transmettre que les degrés inférieurs
de l'Ordre.
De
plus, Willermoz n’est pas un simple Réau-Croix.
En sa lettre du 20 juin 1768,
don Martinez de Pasqually, lui donna ses
titres dans l'Ordre des Cohen: "Inspecteur
Général de l'Ordre ... Juge Souverain. .
. Conducteur et Commandeur en Chef
des Colonnes d'Orient et d'Occident de notre
Grande-Mère Loge... »
Ainsi
que le note Gérard va Rijnberk en son livre
« Martinez de Pasqually, page 99
du tome 1, il est certain qu'en 1774 Willermoz
ordonna Réau-Croix sa soeur, Mme
Provensal ! Et pourtant, don Martinez de
Pasqually était opposé à la présence
des femmes dans l'Ordre celle-ci fut certainement
l’unique femme Réau-Croix.
Nous
lisons en effet en la lettre du 12 octobre
1773 adressée à Willermoz: "Je
vous prie de l'embrasser pour moi, de même
que votre chère soeur de qui l'on
m’a fait éloge du désir qu’elle a de parvenir
au but de
Ensuite
dans cette même lettre du 12 octobre 1781,
adressée au Prince de Hesse-Cassel,
Willermoz déclare qu'il n’a pu communiquer
des instructions théurgiques aux
Profès et aux Grands-Profès, puisqu'il ne
peut, (soi-disant, on l'a vu !)
communiquer les grades Cohen au-delà du Maître-Cohen.
Or,
c'est par erreur, commise par tous les historiens
du Martinisme, (et par nous également),
que de soutenir que
Et
cette Invocation comporte, au bout d'un certain
temps, réservé à des prières
adressées à Dieu, une véritable évocation
des Esprits Planétaires, succédant
à l'invocation des Esprits Célestes: "O
Vous tous, Esprits qui habitez et
parcourez les Régions Célestes et Terrestres,
je vous conjure tous + + + +,
par le Saint Nom de l'Eternel, de vous rendre
en aspect de moi, visiblement et
invisiblement, dans les Angles de ce travail,
que j'ai consacré pour être
votre demeure et celle de Vos Intellects
.... pour que vous ayez à marquer par
quelque Caractère, Hiéroglyphe, ou autre
figure de Feu, la convention que j'ai
contractée avec vous .... Telle qu'elle est
tracée dans les cercles..."
Ainsi
donc, pour toutes ces raisons, Willermoz
a pu transmettre autre chose, dans
cette classe secrète des Profès et des Grands-Profès,
que les bas degrés de
l'Ordre des Cohen. Il en avait le Pouvoir.
L'a-t-il
fait ? En un mot, est-ce bien dans l'Ordre
Intérieur et en sa classe secrète
que l'on peut retrouver la réelle et authentique
filiation du Martinisme véritable
? Nous répondrons oui et nous donnerons nos
raisons.
Dans
le Rituel de 1778, aussi bien celui reproduit
par Doinel (alias Jean Kostka)
dans "Lucifer démasqué" (Paris
1895), que dans les deux manuscrits
que nous avons eu l’occasion de voir et de
recopier, nous constatons que le
titre exact est celui de "Chevalier
Bienfaisant de
Nous
retrouvons là les deux lettres fatidiques
du Martinisme de tradition: S.I.
Dans
le cours du Rituel, nous rencontrons cette
phrase étrange: «Le Voile des
Symboles va donc tomber pour vous, et les
ombres maçonniques qui vous
environnaient vont, elles aussi, disparaître
à leur tour. Vous allez enfin
connaître l'Ordre respectable qui a ainsi
perpétué son existence secrète au
sein de
Cette
phrase existait déjà dans le Rituel de réception
de "Chevalier du Temple"
de
Conservant
cette filiation, mais modifiant le nom de
ce grade, Willermoz donne à ce texte
une toute autre signification ! Le Rituel
est le même, mais ce n'est plus l'Ordre
du Temple qui perpétue son existence au sein
de,
Cet
Ordre n'est pas maçonnique, puisqu'il y perpétue
son existence, il est (dans
Dans
la même lettre au Prince Hasse-Cassel, déjà
citée Willermoz reconnaît que
ce milieu n'est pas nécessairement et spécifiquement
maçonnique: "De
plus, quoi il existe ici (1) depuis neuf
à dix ans (2)
une
petite société, composée de ceux que j'ai
reçus a divers degrés dans l'Ordre
que je professe, laquelle n'est connue que
de ceux qui la forment, maçons et
autres, cependant, quelques frères qui sont
aujourd’hui Grands-Profès... »
Ce
caractère mixte, (parfois maçonnique parfois
non maçonnique) des «
Chevaliers-Bienfaisants de
Il
n'en est plus ainsi maintenant en ces milieux.
Nous avons eu l'occasion de faire
comparer les Rituels, ceux du 18 ème siècle
et ceux de notre époque. Il y a
des différences considérables. Et on y chercherait
vainement un écho du
Martinisme ancien, sauf peut-être dans les
"Catéchismes" des grades
bleu et vert.
Il
ne demeure que la filiation, régulière au
point de vue administratif et obédientiel,
des "Chevaliers-Bienfaisants de
Au
cours d'un entretien du 28 juin 1946, le
docteur Vibaux, Qui fut
Grand-Chancelier de cet Ordre, nous déclara
qu'il avait effectué des
recherches sérieuses en ce domaine, et qu'il
avait dû conclure:
a)
qu'aucun dignitaire du Rite Rectifié ne possédait de nos jours ce grade;
b)
qu'il disparut quelques années après sa création;
c)
qu'on ne retrouva jamais de Rituel de sa
Transmission, S’il y en eut jamais.
Ceci
prouve que
Il
est également possible que le caractère occultiste,
mystique et chrétiens de
cette Classe ait incité les éléments plus
rationalistes de l'Ordre ordinaire
à la supprimer peu à peu.
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1
)- à LYON
2
)-Depuis 1771
D'autant
que, selon Lagrèze, qui nous l'affirma oralement, il était de tradition en
certains chapitres, de relever (le Prieur dixit) le nouveau "Chevalier
Bienfaisant" de ses serments purement maçonniques... Il ne devait demeurer
assujetti qu'à sa promesse d'Ordre. Et ce fait nous fut confirmé par Camille
Savoire, Grand-Prieur des Gaules. Ainsi donc nous pouvons déjà conclure :
1°)-
En constituant, au Convent de Lyon
2°)-
Si
5°)-
Amputée des deux grades de sa Classe Secrète,
ceux de Profès et de Grand-Profès,
6°)-
Un Profès et un Grand-Profès est nécessairement
l'affilié qui a prononcé
des voeux dans une quelconque religion. Et
à l'origine, l'Ordre Intérieur était
exclusivement ouvert aux candidats appartenant
à une des branches diverses du
Christianisme. La doctrine qui y était enseignée
était celle d'Origène, en
fait. Or, à notre époque,
7°)-
C’est donc l'Église Gnostique qui peut, parce
que détentrice incontestable
et incontestée de la "succession apostolique",
donner à des "Chevaliers
Bienfaisants" la possibilité de rétablir
cette Profession de nos jours
disparue.
Nous
ne pensons pas en effet que l'Eglise latine, ou telle autre des Eglises d'Orient,
consentirait à transmettre les pouvoirs d'ordre (Exorcistat, Accolytat), nécessaires
aux membres d’une organisation Martiniste opérative.... Et encore moins le
pouvoir de transmission de ceux-ci....
Or,
dans l'ouvrage de Probst-Biraben, (docteur
ès-lettres, professeur honoraire de
l'Université, lui-même "Chevalier Bienfaisant
de
«
Ils prononcèrent les trois voeux d'obéissance,
de Pauvreté, et de Chasteté
ensuite, devant le prélat catholique de la
ville sainte, Garimond, et prêtèrent
en même temps serment de garder les routes
suivies par les pèlerins, de défendre
ceux-ci à la fois contre les Infidèles et
contre les pillards, nombreux dans
Nous
pensons donc que si la régularité maçonnique
administrative manque, (et cela
on peut facilement l'admettre), à l’organisation
Martiniste opérative
moderne, recréée en 1943, possédant une existence
légale officielle depuis
1945 sous le nom d’ ORDRE DES ELUS – COHEN.
Elle possède du moins une
filiation initiatique régulière et incontestable,
qu'elle peut prouver, depuis
J.B. Willermoz derrière lui Martinez de Pasqually,
par le canal des "Chevaliers
Bienfaisants de
Et
si, au 18ème siècle, le changement de dénomination
que le Convent de Lyon -de
1778 fit subir aux. "Chevaliers du Temple"
de
Ils
ne font alors qu'effectuer un véritable retour
à la forme primitive, un véritable
« pèlerinage aux sources"...
Or, il est certains faits qui, dès l'origine
de la résurgence de 1943, vinrent confirmer
le-bien-fondé et la valeur (sinon la régularité)
de cette filiation "Willermoziste"
au sein des Elus-Cohen ainsi reconstitués.
1°)-
Ce fut le Frère Georges Lagrèze qui fut à l'origine de cette renaissance de
l'Ordre. Or, il était:
a)-
Chevalier Bienfaisant de
b)-
Chevalier du Temple, (Rite Priméval Suédois),
membre de
c)-
Réau-Croix de la filiation affirmée par J.
Bricaud, et qui est malheureusement
douteuse, ainsi que nous, l'avons expliqué
en notre plaquette précitée;
d)-
Rose-Croix d'Orient, cet Ordre qui aurait
été à la genèse des Elus-Cohen, du
18ème siècle et de
2°)-
Le Docteur Camille Savoire, Grand-Prieur des Gaules, Prieur des "Chevaliers
de
3°)-
Le même docteur Savoire, dès qu'il eut appris de Lagrèze le réveil des Cohen
et l'utilisation (notamment) de la filiation des "Chevaliers Bienfaisants
de
4°)-
La preuve de ce dernier point est aisément établie si l'on, se souvient qu'il
accepta de figurer dans la déclaration, officielle de l'Ordre des Elus-Cohen,
faite à
5°)-
Il tint par la suite à constituer lui-même, assisté de deux autres «
Chevaliers Bienfaisant, de
6°)-
il accepta la charge de vénérable d'Honneur de cette même Loge et assista à
toutes les tenus de 1945 en cette qualité. Son sautoir de Vénérable d’Honneur,
(bleu pâle-bordé d’argent), lui fut offert par l’atelier,
et doit actuellement se trouver, avec les autres souvenirs de cet illustres Maçon,
aux archives de
De
toutes choses, des témoignages manuscrits, documents officiels et indiscutables,
demeurent, sans pour cela omettre celui oral des survivants de cette époque,
qui a également sa valeur, lui aussi.
Pour
toutes ces raisons, L’Ordre des Elus-Cohen
ainsi réveillé, s’estime
autorisé à revendiquer, lui aussi, et sans
pour cela la dénier chez les
autres rameaux d'esprit différent, la filiation
mystérieuse que Jean-Baptiste
Willermoz avait voulu et avait réussi à inclure
dans l'Ordre Intérieur des
"Chevaliers Bienfaisants de
Ceci
au même titre que celle attribuée à Louis-Claude
de Saint-Martin, et analysée
en notre ouvrage « le Martinisme » Texte
rédigé le 2 octobre 1958,
anniversaire du second centenaire de la fondation
de l'Ordre, des Elus-Cohen par
don Martinez de Pasqually et douzième jour
après celui de sa mort à
Saint-Domingue.
"Requiem aeternam dona ei
Domine,
Et
lux perpetua luceat ei.
(1) Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen, Maître-Cohen,
Grand-Architecte,
Chevalier d'Orient, Commandeur d'Orient.
(2)
Réau-Croix.
(3)
Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen, Maître-Cohen.
(4)
Pierre-Jacques Willermoz, médecin et Alchimiste.
(5) Apprenti-Cohen Compagnon-Cohen, Maître-Cohen
(Classe du Porche)
(6)
Grand-Architecte, Chevalier-d'Orient, Commandeur
d'Orient
(7)
Réau-Croix.
(8) Dans l'Ordre des Cohen, et à l'égard
de don Martinez de Pasqually
LES
DOUZE REGLES POUR
LE COMBAT SPIRITUEL
(Traduit
pour la première fois du latin de J. PIC
DE LA MIRANDOLE, par le Docteur MARC
HAVEN.)
I.
- Si l'homme trouve dure la route de la vertu, parce que sans cesse il nous faut
lutter contre la chair, le diable et le monde, qu'il se souvienne que quelque
vie qu'il ait choisie, fut-elle selon le monde, beaucoup d'adversité, de
tristesses, de désagréments, de travail s'y rencontreraient.
II.
- Qu'il se souvienne que, dans les choses du monde, plus longtemps on combat,
plus péniblement un travail succède à un autre travail, avec, au bout, le châtiment
éternel.
III.
- Qu'il se souvienne qu'il est insensé de croire qu'on puisse parvenir au ciel
autrement que par une lutte de ce genre, de même que notre chef, le Christ,
n'est monté au ciel que par la Croix ; la condition du serviteur peut-elle être
meilleure que celle du Maître ?
IV.
- Qu'il se souvienne que non seulement il faudrait supporter ce combat, mais le
désirer, même s'il ne nous arrivait aucune récompense, seulement pour se
conformer à la doctrine du Christ notre Dieu et Seigneur. Chaque fois qu'en résistant
à l'un quelconque de tes sens tu te fais violence, pense à la partie de la
Croix du Christ à laquelle tu te rends ainsi conforme. Quand, résistant à ton
ventre, tu mortifies le goût, rappelle-toi sa boisson de fiel et de vinaigre ;
quand tu retires ta main du rapt de quelque chose qui te plaît, pense à ses
mains fixées pour toi sur le bois de la croix ; et si tu résistes à l'orgueil,
rappelle-toi celui qui, alors qu'il avait la forme d'un Dieu, a accepté pour
toi la forme d'un esclave et a été humilié jusqu'à mourir sur la croix, et
quand tu es tenté par la colère, souviens-toi que lui qui était Dieu, et le
plus juste de tous les hommes, se voyant malgré cela raillé, insulté, flagellé,
couvert de toutes sortes d'opprobres comme un voleur, mélangé avec des
brigands, n'a cependant donné aucun signe de colère ou d'indignation, mais
supportant tout très patiemment, répondait à tous avec la plus grande douceur,
et ainsi, en suivant tout point par point, tu ne trouveras aucune souffrance
qui, par un certain côté ne te rende conforme au Christ.
V.
- Mais ne te fie pas à ces douze armes pas plus qu'à aucun moyen humain ;
confie-toi en la seule vertu de Jésus-Christ qui a dit : " Prenez
confiance, j'ai vaincu le monde " et ailleurs : " Le prince de ce
monde est jeté dehors " ; aussi fions nous à sa seule force pour vaincre
le monde et dompter le diable ; et pour cela, nous devons toujours demander son
secours par la prière et le secours de ses saints.
VI.
- Souviens-toi quand tu as vaincu une tentation, que toujours une autre va
venir, car le diable rôde toujours autour de nous, cherchant à nous dévorer.
C'est pourquoi il faut toujours se tenir dans la crainte et dire avec le prophète
: " je me tiendrai sur mes gardes. "
VII
- Non seulement il ne faut pas être vaincu par le diable, mais il faut toi-même
le vaincre, et cela se fait quand non seulement tu ne pèches pas, mais que,
dans ce qui t'avait tenté, tu trouves l'occasion d'un bien ; de même, si
quelque bonne, action t'est procurée, pour que tu te laisses aller à ce sujet
à une vaine gloire, pense aussitôt que ce n'est pas ton úuvre, mais un
bienfait de Dieu ; humilie-toi, et songe à être plus reconnaissant envers Dieu
de ses bienfaits.
VIII.
- Quand tu combats, combats comme sûr de la victoire, et devant avoir enfin une
paix perpétuelle, car Dieu t'accordera peut-être cette grâce que le diable,
confus, de ta victoire, ne reviendra pas ; quand tu as vaincu, comporte-toi
comme si tu allais encore combattre, comme si tu combattais encore. Souviens-toi
toujours de ta victoire, et, dans la victoire, souviens-toi du combat.
IX.
- Quoi que tu te sentes bien gardé et fortifié, fuis cependant toujours les
occasions de pécher ; le Sage a dit : " Qui aime le danger y périra ".
X.
- Dans les tentations, cours toujours au principe et précipite les enfants de
Babylone sur la pierre ; la pierre, c'est le Christ ; car le remède est
toujours préparé tardivement, etc.
XI.
- Souviens-toi que même dans le moment du combat, c'est une ruse de la
tentation de montrer la bataille : et, cependant, il est bien plus doux de
vaincre la tentation que d'aller au péché où la tentation t'appelle. Et, en
cela, beaucoup sont trompés ; car ils ne comparent pas la douceur de la
victoire à la douceur du péché, mais le combat au plaisir : et cependant l'homme,
qui mille fois a fait l'expérience de ce qu'était céder à la tentation,
devrait bien, une fois du moins expérimenter ce qu'est amère ta tentation.
XII.
- En outre, parce que tu es tenté, ne te crois pas abandonné de Dieu ou peu
agréable à Dieu, ou peu juste et imparfait. Souviens-toi qu'après que Paul
eut vu la divine essence, il subît les tentations de la chair que Dieu permit
qu'on lui envoyât, pour lui éviter celles de l'orgueil. Et en cela l'homme
doit remarquer que Paul, qui fut un vase d'élection et fut ,enlevé jusquíau
troisième ciel, était cependant en danger de s'enorgueillir de ses vertus
comme il le dit lui-même : " Pour que la grandeur des révélations
ne me fut pas un danger, on m'a donné l'aiguillon de la chair qui me souffletât
". Ainsi, de toutes les tentations, celle de l'orgueil est-elle celle dont
l'homme doit le plus se défier, car l'orgueil est la racine de tous les maux :
le seul remède contre elle est de songer sans cesse que Dieu s'est humilié
pour nous jusqu'à la croix et que la mort, malgré nous, nous humiliera jusqu'à
faire de nous la nourriture des vers.
Les
douze armes du combat spirituel que l'homme doit avoir sous la main au moment où
le péché l'attire :
1.
Le plaisir est court et faible.
2.
Il a pour compagnon : le dégoût, le remords.
3.
C'est la perte d'un plus grand bien.
4.
La vie est un rêve, une illusion.
5.
La mort est là, venant à l'improviste.
6.
La crainte de l'impénitence.
7.
La récompense est éternelle ; le châtiment.
8.
Dignité et destination de l'homme.
9.
Paix de l'âme pure.
10.
Bienfaits de Dieu.
11.
La Croix du Christ.
12.
Le témoignage des martyrs, l'exemple des saints.
Les douze conditions de celui qui aime :
1.
Aimer une seule personne, tout dédaigner pour elle.
2.
Estimer malheureux l'amant séparé de celle qu'il aime.
3.
Tout souffrir, même la mort pour être avec elle.
4.
Prier qu'on lui plaise.
5.
Etre toujours avec elle, au moins en pensée, si matériellement c'est
impossible.
6.
Aimer tout ce qui lui touche de près : ses amis, sa maison, ses habits, ses
portraits.
7.
Désirer entendre ses louanges, ne pouvoir supporter un mot offensant à son égard.
8.
Croire d'elle les plus grandes merveilles, souhaiter aussi que tous les croient.
9.
Désirer souffrir pour elle et trouver du plaisir à cette souffrance.
10.
Pleurer souvent à son sujet, de douleur en son absence, de joie en sa présence.
11.
Toujours languir, toujours brûler de désir pour elle.
12.
Servir, sans arrière-pensée de payement ou de, récompense

Ces derniers, titulaires du plus haut degré de l'ordre, sont prêtres en plein, non pas selon le sacerdoce organique des Eglises chrétiennes, mais d'un sacerdoce ésotérique et, en même temps, réputé le plus général qui, cependant, loin de se déclarer anti-chrétien, se réfère à des vérités catholiques, au double sens universel et confessionnel du terme. A bon droit ou à contre-sens ? C'est affaire de jugement théologique. En tout cas, rien d'une caricature, encore moins d'un sacrilège délibéré. Les titulaires des grades mineurs sont autorisés et même astreints à participer, chacun en ce qui les concerne, aux opérations.
Celles-ci se déroulent selon des prescriptions extrêmement minutieuses, d'une complexité qui croît avec la hauteur du degré. Martines de Pasqually, dans son Traité de la réintégration (éd. du bicentenaire, 1974, p. 392) distingue les types suivants d'opérations : « 1° le culte d'expiation, 2° le culte de grâce particulière générale, 3° le culte contre les démons, 4° le culte de prévarication et de conservation, 5° le culte contre la guerre, 6° le culte pour s'opposer aux ennemis de la Loi divine, 7° le culte pour faire la descente de l'esprit divin, 8° le culte de foi et de la persévérance dans la vertu spirituelle divine, 9° le culte pour fixer l'esprit conciliateur divin avec soi, 10° le culte annuel ou de dédicace de toutes ses opérations au Créateur. Tous ces cultes ont été compris dans les deux qui ont été opérés par Moïse chez Israël et par Salomon dans le temple, où les différents bois et les différents parfums consacrés aux sacrifices ont été mis en usage. Le temps où chacun de c«s cultes s'opérait était à chaque renouvellement de lune, et, depuis que les hommes existent, ce culte s'est opéré parmi eux ».
Cette liste tient moins du catalogue exact, quoiqu'elle paraisse s'y apparenter, que de la délimitation d'un champ d'action.
Le champ, c'est le monde, l'immensité, dit Martines de Pasqually, terrestre et l'immensité céleste, mais elle implique aussi les deux autres immensités qui, avec celles-là, composent le Tout : immensité surcéleste et immensité divine. Quant à l'action, c'est un combat, une participation, et la plus utile, la plus nécessaire qui soit, de l'homme au combat de l'ombre et de la lumière : à son profit, pour l'humiliation des démons, esprits de par leur volonté déchus, en vue de les neutraliser et de leur réintégration ultime (comme de tout ce qui n'est pas Dieu, dans la cour divine), avec le concours des esprits fidèles, et à la gloire de l’Éternel, jusqu'à ce qu'elle soit entière et que ce nom seul se fasse entendre, ainsi que d'une seule voix, par sept fois sans cesse répétées.
Mais l'homme étant incorporisé, d'après la doctrine des élus coën, qu'il tourne donc à son avantage et à l'avantage du spirituel, le matériel si souvent dommageable ! Les rites naissent de cette conversion, où interviennent figures, notamment cercles et quarts de cercle, « vautours », paroles, parfums, chandelles et calendriers, ornements personnels, surtout les noms des bons et des mauvais esprits avec leurs hiéroglyphes, ou leurs griffes, respectifs, leurs signatures. Au cours des opérations, des esprits, qu'il a d'abord fallu appeler, convoquer à toutes fins utiles (et c'est selon leur nature), se manifestent, si tout va bien, par des signes visibles - les « passes » - que le recueil des hiéroglyphes permet d'identifier. Une importance particulière est reconnue à l’aide de l'esprit « bon compagnon », exotériquement l'ange gardien ou à peu près.
(Extrait de la revue l’Autre Monde n°70
- avril 1983 - pp.18-21).
