Ordre des Chevaliers Elus Cohen de l'Univers
Loggia "L.C. de Saint-Martin"
Capitolo dei Réau+Croix


«La precisione delle cerimonie non basta .... occorrono zelo e santità di vita, occorre una preparazione spirituale fatta di preghiere, ritiro, digiuno e meditazione....»
(Martinez de Pasqually: « Extrait de Préparation et de Précaution pour une Réception de Réau+Croix ». Mss. du 18°siècle ).


Il Capitolo dei Réau+Croix è un Ordine interno dell'Antico Ordine Martinista riservato esclusivamente ai S:: I:: della Via Teurgica.


DE LA SUCCESSION DE L’ORDRE DES ELUS COHEN

 par AURIFER (Robert Ambelain)

 Dans une plaquette éditée en 1948 et intitulée «Le Martinisme Contemporain et ses véritables origines» nous avons tenté de démontrer que la filiation Martiniste attribuée à L.C. du Saint-Martin était, historiquement, plus que douteuse. Nous croyons bien y être parvenu, et aujourd'hui, c’est encore sans hésitation que nous en revendiquons, en sa plus grande partie, l'argumentation. Toutefois, il est un point, que la suite de nos études et de nos recherches historiques en matière d'illuminisme nous a permis d'étudier plus particulièrement, et qu'il importe de préciser à son tour. C'est celui des rapports entre la Franc-maçonnerie Rectifiée et les Elus-Cohen, celui des similitudes entre les « Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte » et les dignitaires du second Ordre.
J.B. Willermoz, Réau-Croix dans l'Ordre des Cohen, membre de son Tribunal Souverain, fut par la suite le chef véritable de la Stricte Observance Templière en France. Il en porta les titres et les transmit en son nom. Mais un jour, profitant du Convent National de Lyon, en 1778, il en fit modifier non seulement les éléments principaux, mais encore substitua au « Chevalier du Temple » de la Stricte Observance , un nouveau vocable : celui de "Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte. "
Mieux encore, il constitua, au sein de ceux-ci, c'est-à-dire, au sein de l'Ordre Intérieur, une classe secrète complémentaire, composée de deux nouveaux grades : le "Chevalier Profès" et le "Chevalier Grand-Profès".
Nul n'ignore que, dans les Ordres Religieux et dans les Ordres Chevaleresques, le Profès et le Grand-Profès sont des religieux qui ont prononcé des voeux d'ordre et ainsi quitté le noviciat. On ne saurait mieux souligner que Willermoz a un plan bien à lui, longuement mûri, et qu'on ne saurait lui nier une arrière-pensée fort nette en cette modification considérable. L'histoire de la "Stricte Observance Templière » pourra être étudiée avec fruit dans l'ouvrage d'Alice Joly: "Un Mystique Lyonnais et les Secrets de la Franc-maçonnerie , 1730-1824".
Or, voici comment J.B. Willermoz présente le plan qu'il avait conçu, ses raisons, d'être et sa réalisation.
Dans une lettre du 12 octobre 1781, adressée au Prince de Hessel-Cassel, écrite ainsi sept années après la mort de don Martinez de Pasqually, il s'exprime ainsi: «Au commencement de l'année 1767, j'eus le bonheur d’acquérir mes Premières connaissances dans l’Ordre dont j'ai fait Mention ci-devant à Votre Altesse Sérénissime.
Celui qui me les donna étant favorablement prévenu pour moi par ses informations et examens, m’avança rapidement et j’obtins les six premiers degrés (1). Un an après, j’entrepris un autre voyage en cette intention et j’obtins le septième et dernier (2), qui donne le titre et le caractère de chef dans cet Ordre. Celui de qui je l’ai reçu se disait être l’un des sept Chefs Souverains Universels de l’Ordre, et a souvent prouvé son savoir par des faits.
«En suivant ce dernier, j'eus reçu en même temps le pouvoir de conférer les degrés inférieurs (3), en me conformant pour cela à ce qui me fut prescrit.
"Cependant je n'en fis nul usage pendant quelques années, que j'employais à m'instruire et à fortifier, autant que mes occupations civiles purent me le permettre. Ce fut seulement en 1772 que je commençais à recevoir mon frère médecin, (4) et peu après les frères Paganucci et Périsse du Luc, que Votre Altesse, aura vus sur le tableau des Grands-Profès. Et ces trois sont devenus depuis lors mes confidents pour toutes les choses relatives que j'ai eu la liberté de confier à d'autres.
"Il est essentiel que je prévienne Votre Altesse Sérénissime que les degrés du dit Ordre renferment trois parties.
"Les trois premiers degrés (5) instruisent sur la nature divine, spirituelle, humaine et corporelle, et c'est précisément cette instruction qui fait la base de celle des Grands-Profès. Votre Altesse Sérénissime, pourra la reconnaître par leur lecture.
"Les degrés suivants (6) enseignent la théorie cérémonielle préparatoire à la pratique, qui est exclusivement réservée au septième et dernier (7).
"Ceux qui sont parvenus à ce degré, dont le nombre est très petit, sont assujettis à des travaux ou Opérations particulières qui se font essentiellement en mars et en septembre. Je les ai pratiqués constamment et je m'en suis bien trouvé... »
Un peu plus loin, Willermoz nous dit encore ceci: "Quant aux instructions secrètes (des Grands-Profès), mon but, en les rédigeant, fut de réveiller les Maçons de notre Régime ( la Stricte Observance Templière, ou Maçonnerie Ecossaise Rectifiée), de leur fatal assoupissement. Lié d’une part par mes propres engagements (8) et retenu de l’autre par la crainte de fournir des aliments à une frivole curiosité, ou de trop exalter Certaines imaginations si on leur présentait les plans d'une théorie qui annoncerait une pratique, je me vis obligé d’en faire aucune mention, et même de ne présenter qu'un tableau très raccourci de la nature des êtres, de leurs rapports respectifs, ainsi que des divisions universelles ...»
Or, une lecture et un examen plus attentifs de cette lettre nous ont permis du constater que Willermoz, afin d'écarter la trop pressante curiosité du Prince de Hesse-Cassel, n’a pas dit l’exacte vérité. Faut-il l’en blâmer ? Nous ne le croyons pas, car sa prudence a été utile et a protégé l’Ordre des Cohen longtemps après sa mort.
Tout d'abord il est inexact que Willermoz ne put transmettre que les degrés inférieurs de l’Ordre. En tant que Réau-Croix,.._ Il avait le Pouvoir de faire un Réau-Croix... évidement !
C'est Bacon de la Chevalerie , Substitut du Grand-Souverain de l'Ordre, qui l'ordonna les 11, 12 ut 13 mai 1768. Les "Statuts Secrets des Réaux-Croix", que nous possédons par le manuscrit du 18ème siècle qui est en nos archives, nous disent en effet ceci, au chapitre intitulé « Extrait de Préparation et de Précaution pour une réception de Réaux-Croix ».
"S'il y a plusieurs Réaux-Croix ensemble, les trois opérations seront faites par deux d'entre eux et par le député pour cette adoption qui fera la dernière".
"Celui qui reçoit un Réau-Croix, surtout dans les temps hors du l'ordinaire, doit prévenir tous les Réaux-Croix absents, assez de temps à l'avance pour qu'ils puissent se joindre de leur côté, et aussi pour qu'ils puissent ensuite reconnaître, la légitimité de la réception. »
Ainsi, on le voit par ces articles, l'Ordination de Réau-Croix est répétée trois fois, soit par le Réau-Croix Ordonnateur, soit par trois affiliés du même grade, chacun à leur tour. Mais il est faux que Willermoz, en tant que Réau-Croix, n'ait pu transmettre que les degrés inférieurs de l'Ordre.
De plus, Willermoz n’est pas un simple Réau-Croix. En sa lettre du 20 juin 1768, don Martinez de Pasqually, lui donna ses titres dans l'Ordre des Cohen: "Inspecteur Général de l'Ordre ... Juge Souverain. . . Conducteur et Commandeur en Chef des Colonnes d'Orient et d'Occident de notre Grande-Mère Loge... »
Ainsi que le note Gérard va Rijnberk en son livre « Martinez de Pasqually, page 99 du tome 1, il est certain qu'en 1774 Willermoz ordonna Réau-Croix sa soeur, Mme Provensal ! Et pourtant, don Martinez de Pasqually était opposé à la présence des femmes dans l'Ordre celle-ci fut certainement l’unique femme Réau-Croix.
Nous lisons en effet en la lettre du 12 octobre 1773 adressée à Willermoz: "Je vous prie de l'embrasser pour moi, de même que votre chère soeur de qui l'on m’a fait éloge du désir qu’elle a de parvenir au but de la Chose. Comme je pense que vous lui avez donné des instructions relatives à la Chose , et qu’elle en a profité comme on me l’assure, je vous exhorte à la cultiver en attendant que je puisse vous envoyer ce qu'il faut pour sa réception et l’Ordre pour la recevoir, ce qui est ici tout prêt à son sujet. »
Ensuite dans cette même lettre du 12 octobre 1781, adressée au Prince de Hesse-Cassel, Willermoz déclare qu'il n’a pu communiquer des instructions théurgiques aux Profès et aux Grands-Profès, puisqu'il ne peut, (soi-disant, on l'a vu !) communiquer les grades Cohen au-delà du Maître-Cohen.
Or, c'est par erreur, commise par tous les historiens du Martinisme, (et par nous également), que de soutenir que la Classe du Porche (Apprenti, Compagnon, et Maître-Cohen), était purement théorique. La pratique des opérations commençait déjà au Maître-Cohen car, dans le manuscrit du 18 ème siècle déjà cité, nous trouvons un Chapitre de la Rituélie Générale intitulé: « Invocation dite des Maîtres-Cohen.
Et cette Invocation comporte, au bout d'un certain temps, réservé à des prières adressées à Dieu, une véritable évocation des Esprits Planétaires, succédant à l'invocation des Esprits Célestes: "O Vous tous, Esprits qui habitez et parcourez les Régions Célestes et Terrestres, je vous conjure tous + + + +, par le Saint Nom de l'Eternel, de vous rendre en aspect de moi, visiblement et invisiblement, dans les Angles de ce travail, que j'ai consacré pour être votre demeure et celle de Vos Intellects .... pour que vous ayez à marquer par quelque Caractère, Hiéroglyphe, ou autre figure de Feu, la convention que j'ai contractée avec vous .... Telle qu'elle est tracée dans les cercles..."
Ainsi donc, pour toutes ces raisons, Willermoz a pu transmettre autre chose, dans cette classe secrète des Profès et des Grands-Profès, que les bas degrés de l'Ordre des Cohen. Il en avait le Pouvoir.
L'a-t-il fait ? En un mot, est-ce bien dans l'Ordre Intérieur et en sa classe secrète que l'on peut retrouver la réelle et authentique filiation du Martinisme véritable ? Nous répondrons oui et nous donnerons nos raisons.
 Tout d'abord, il est certain que l'Ordre Intérieur, les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ", ne constituait plus en réalité une organisation maçonnique.
Dans le Rituel de 1778, aussi bien celui reproduit par Doinel (alias Jean Kostka) dans "Lucifer démasqué" (Paris 1895), que dans les deux manuscrits que nous avons eu l’occasion de voir et de recopier, nous constatons que le titre exact est celui de "Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte du Saint-Sépulcre de Jérusalem en Palestine, Chevalier du Parfait Silence, Silencieux Inconnu".
Nous retrouvons là les deux lettres fatidiques du Martinisme de tradition: S.I.
Dans le cours du Rituel, nous rencontrons cette phrase étrange: «Le Voile des Symboles va donc tomber pour vous, et les ombres maçonniques qui vous environnaient vont, elles aussi, disparaître à leur tour. Vous allez enfin connaître l'Ordre respectable qui a ainsi perpétué son existence secrète au sein de la Franc -Maçonnerie.»
Cette phrase existait déjà dans le Rituel de réception de "Chevalier du Temple" de la Stricte Observance _Templière.
Conservant cette filiation, mais modifiant le nom de ce grade, Willermoz donne à ce texte une toute autre signification ! Le Rituel est le même, mais ce n'est plus l'Ordre du Temple qui perpétue son existence au sein de, la Franc-maçonnerie , c'est celui des Elus-Cohen....
Cet Ordre n'est pas maçonnique, puisqu'il y perpétue son existence, il est (dans la Stricte Observance ), chevaleresque. Avec Willermoz, il est chevaleresque (par sa source), mais initiatique et occultiste par les enseignements de sa Classe Secrète, perpétuant l'Ordre des Elus-Cohen.
Dans la même lettre au Prince Hasse-Cassel, déjà citée Willermoz reconnaît que ce milieu n'est pas nécessairement et spécifiquement maçonnique: "De plus, quoi il existe ici (1) depuis neuf à dix ans (2)
une petite société, composée de ceux que j'ai reçus a divers degrés dans l'Ordre que je professe, laquelle n'est connue que de ceux qui la forment, maçons et autres, cependant, quelques frères qui sont aujourd’hui Grands-Profès... »
Ce caractère mixte, (parfois maçonnique parfois non maçonnique) des « Chevaliers-Bienfaisants de la Cité Sainte " d'autrefois, nous a été confirmé par deux hauts dignitaires du Rite Ecossais Rectifié, et l'un d'eux était le docteur Camille Savoire, Grand Prieur des Gaules.
Il n'en est plus ainsi maintenant en ces milieux. Nous avons eu l'occasion de faire comparer les Rituels, ceux du 18 ème siècle et ceux de notre époque. Il y a des différences considérables. Et on y chercherait vainement un écho du Martinisme ancien, sauf peut-être dans les "Catéchismes" des grades bleu et vert.
Il ne demeure que la filiation, régulière au point de vue administratif et obédientiel, des "Chevaliers-Bienfaisants de la Cité Sainte' ', mais il n'y a plus aucune trace des Profés et des Grands-Profès.
Au cours d'un entretien du 28 juin 1946, le docteur Vibaux, Qui fut Grand-Chancelier de cet Ordre, nous déclara qu'il avait effectué des recherches sérieuses en ce domaine, et qu'il avait dû conclure:

a) qu'aucun dignitaire du Rite Rectifié ne possédait de nos jours ce grade;
b) qu'il disparut quelques années après sa création;
c) qu'on ne retrouva jamais de Rituel de sa Transmission, S’il y en eut jamais.

Ceci prouve que la Classe Secrète était vraiment secrète, et que les Rituels étaient soigneusement recueillis à la mort des dépositaires, et que de plus on ignorait leurs noms, pour la plupart.
Il est également possible que le caractère occultiste, mystique et chrétiens de cette Classe ait incité les éléments plus rationalistes de l'Ordre ordinaire à la supprimer peu à peu.

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1 )- à LYON
2 )-Depuis 1771

D'autant que, selon Lagrèze, qui nous l'affirma oralement, il était de tradition en certains chapitres, de relever (le Prieur dixit) le nouveau "Chevalier Bienfaisant" de ses serments purement maçonniques... Il ne devait demeurer assujetti qu'à sa promesse d'Ordre. Et ce fait nous fut confirmé par Camille Savoire, Grand-Prieur des Gaules. Ainsi donc nous pouvons déjà conclure :

1°)- En constituant, au Convent de Lyon 1778, l 'Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte », (dit encore Ordre Intérieur), Willermoz a entrepris de perpétuer, avec l'Ordre de sa Classe Secrète, l'Ordre des Elus-Cohen, qui lui tenait tellement à coeur qu'il demeura toute sa vie fidèle à ses mystérieux "Travaux".
2°)- Si la Maçonnerie Ecossaise Rectifiée actuelle est en possession par voie obédientielle et maçonnique régulière du premier et du second degré de cet Ordre Intérieur (Ecuyer-Novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité , Sainte), elle n'en a conservé ni l’esprit (qui était le Ie Martinisme) ni la lettre (qui consistait dans les Travaux). De plus, ses Rituels, bien qu'affirmés conformes à ceux de 1778, ne le sont plus en réalité. Pour cela il serait possible de lui-contester une véritable régularité...3°)- Ordre initiatique, d'esprit Martiniste, nous ne sommes pas là devant une organisation uniquement et spécifiquement maçonnique, à l'origine de l'Ordre Intérieur.
4°)- Conclusion de ce qui précède, la Maçonnerie Rectifiée ne saurait prendre ombrage de ce qu'il existe, en dehors d'elle, non seulement des filiations de "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ", mais encore des filiations de ceux-ci qui se réclament uniquement d'un retour au Martinisme de Tradition, c'est-à-dire un Martinisme Opératif.
5°)- Amputée des deux grades de sa Classe Secrète, ceux de Profès et de Grand-Profès, la Maçonnerie Rectifiée ne possède plus qu'un degré sur trois en son Ordre Intérieur. Et le caractère de neutralité qu'elle lui donne lui permet plus de pouvoir les rétablir, car:
6°)- Un Profès et un Grand-Profès est nécessairement l'affilié qui a prononcé des voeux dans une quelconque religion. Et à l'origine, l'Ordre Intérieur était exclusivement ouvert aux candidats appartenant à une des branches diverses du Christianisme. La doctrine qui y était enseignée était celle d'Origène, en fait. Or, à notre époque, la Maçonnerie Rectifié ne retient, du Christianisme, que son aspect humanitaire et social, en dehors de toute mystique et à plus forte raison d'occultisme.
7°)- C’est donc l'Église Gnostique qui peut, parce que détentrice incontestable et incontestée de la "succession apostolique", donner à des "Chevaliers Bienfaisants" la possibilité de rétablir cette Profession de nos jours disparue.

Nous ne pensons pas en effet que l'Eglise latine, ou telle autre des Eglises d'Orient, consentirait à transmettre les pouvoirs d'ordre (Exorcistat, Accolytat), nécessaires aux membres d’une organisation Martiniste opérative.... Et encore moins le pouvoir de transmission de ceux-ci....
Or, dans l'ouvrage de Probst-Biraben, (docteur ès-lettres, professeur honoraire de l'Université, lui-même "Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte "), intitulé "Les Mystères des Templiers". Nous lisons ceci a page 12: «Ni chez les Chrétiens, ni chez les Musulmans, un Ordre ne saurait se fonder sans "consécration" de la part d'un.. Personnage qualifié, luimême consacré par transmission de pouvoirs depuis les Apôtres ou les Prophètes. Hugues de Payens et Geoffroy de Saint-Omer, la reçurent du Patriarche Théoclétès, issu (par succession apostolique), de Saint-Jean l’Evangéliste. Ce qui explique en partie leur culte pour Saint-Jean et la doctrine du Johanisme qu'ils ont la réputation d'avoir professé..."
« Ils prononcèrent les trois voeux d'obéissance, de Pauvreté, et de Chasteté ensuite, devant le prélat catholique de la ville sainte, Garimond, et prêtèrent en même temps serment de garder les routes suivies par les pèlerins, de défendre ceux-ci à la fois contre les Infidèles et contre les pillards, nombreux dans la Palestine du XII° siècle...
Nous pensons donc que si la régularité maçonnique administrative manque, (et cela on peut facilement l'admettre), à l’organisation Martiniste opérative moderne, recréée en 1943, possédant une existence légale officielle depuis 1945 sous le nom d’ ORDRE DES ELUS – COHEN. Elle possède du moins une filiation initiatique régulière et incontestable, qu'elle peut prouver, depuis J.B. Willermoz derrière lui Martinez de Pasqually, par le canal des "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ", et elle possède, en plus, par les pouvoirs d'ordre conférés à certains de ses hauts dignitaires par l'Eglise Gnostique, la possibilité de créer de nouveau des Profès et des Grands-Profès. C’est à dire d’ordonner en vertu, de la succession apostolique , des membres soigneusement choisis, aussi bien que ceux qui le furent au 18ème siècle, et d'en faire des Théurges, car, n'oublions pas, en effet, que cette succession unit à la fois le Sacerdoce selon Melchissedec et le Sacerdoce selon Aaron.
Et si, au 18ème siècle, le changement de dénomination que le Convent de Lyon -de 1778 fit subir aux. "Chevaliers du Temple" de la Stricte Observance en les transformant en "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte , en leur imposant une mystique secrète, étrangère à la maçonnerie ordinaire, ne leur fit pas perdre leur régularité, on peut alors admettre qu'il en est de même pour ceux d'aujourd'hui.
Ils ne font alors qu'effectuer un véritable retour à la forme primitive, un véritable « pèlerinage aux sources"...
Or, il est certains faits qui, dès l'origine de la résurgence de 1943, vinrent confirmer le-bien-fondé et la valeur (sinon la régularité) de cette filiation "Willermoziste" au sein des Elus-Cohen ainsi reconstitués.

1°)- Ce fut le Frère Georges Lagrèze qui fut à l'origine de cette renaissance de l'Ordre. Or, il était:

a)- Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte , membre du Grand-Prieuré des Gaules, (photographie de sa carte existe en nos archives);
b)- Chevalier du Temple, (Rite Priméval Suédois), membre de la Grande Loge de Danemark;
c)- Réau-Croix de la filiation affirmée par J. Bricaud, et qui est malheureusement douteuse, ainsi que nous, l'avons expliqué en notre plaquette précitée;
d)- Rose-Croix d'Orient, cet Ordre qui aurait été à la genèse des Elus-Cohen, du 18ème siècle et de la Compagnie des Philosophes Inconnus de cette même, époque.

2°)- Le Docteur Camille Savoire, Grand-Prieur des Gaules, Prieur des "Chevaliers de la Cité Sainte "  pour la France , accepta, en 1943, dès la résurgence de l'Ordre des Elus-Cohen, la charge de Grand-Maître d'Honneur de cet Ordre. A sa mort, le diplôme affirmant cette qualité fut, avec ses autres Chartes et Patentes maçonniques, déposé aux archives du Suprême Conseil du Rite Ecossais, à la Grande Loge de France.

3°)- Le même docteur Savoire, dès qu'il eut appris de Lagrèze le réveil des Cohen et l'utilisation (notamment) de la filiation des "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ", nous demanda de ne pas faire d'imprudences (nous étions alors sous l'occupation allemande et le Gouvernement de Vichy), ajoutant: "Après la guerre, je vous régulariserai..." Il approuvait ainsi notre « armement » par Lagrèze.

4°)- La preuve de ce dernier point est aisément établie si l'on, se souvient qu'il accepta de figurer dans la déclaration, officielle de l'Ordre des Elus-Cohen, faite à la Préfecture , de Police de Paris, au Bureau des Associations, fin 1944, en tant que Grand-Maître d'Honneur, et qu'il contresigna notre nomination par lagrèze, de Substitut Grand Maître de l'Ordre.

5°)- Il tint par la suite à constituer lui-même, assisté de deux autres « Chevaliers Bienfaisant, de la Cité Sainte » en février 1945, une Loge Ecossaise Rectifiée, dénommée « L'Arche d’Alliance », loge de Saint-Jean qui devait servir de base aux grades -bleus- de l'Ordre des Elus-Cohen. Il en nomma les Officiers "ad vitam" et nous désigna ainsi comme Vénérable à Vie de la dite Loge.

6°)- il accepta la charge de vénérable d'Honneur de cette même Loge et assista à toutes les tenus de 1945 en cette qualité. Son sautoir de Vénérable d’Honneur, (bleu pâle-bordé d’argent), lui fut offert par  l’atelier, et doit actuellement se trouver, avec les autres souvenirs de cet illustres Maçon, aux archives de la Grande Loge de France.

De toutes choses, des témoignages manuscrits, documents officiels et indiscutables, demeurent, sans pour cela omettre celui oral des survivants de cette époque, qui a également sa valeur, lui aussi.
Pour toutes ces raisons, L’Ordre des Elus-Cohen ainsi réveillé, s’estime autorisé à revendiquer, lui aussi, et sans pour cela la dénier chez les autres rameaux d'esprit différent, la filiation mystérieuse que Jean-Baptiste Willermoz avait voulu et avait réussi à inclure dans l'Ordre Intérieur des "Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte ".
Ceci au même titre que celle attribuée à Louis-Claude de Saint-Martin, et analysée en notre ouvrage « le Martinisme » Texte rédigé le 2 octobre 1958, anniversaire du second centenaire de la fondation de l'Ordre, des Elus-Cohen par don Martinez de Pasqually et douzième jour après celui de sa mort à Saint-Domingue.

 In Memoriam.
"Requiem aeternam dona ei Domine,
Et lux perpetua luceat ei.

 AURIFER


(1) Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen, Maître-Cohen, Grand-Architecte, Chevalier d'Orient, Commandeur d'Orient.
(2) Réau-Croix.
(3) Apprenti-Cohen, Compagnon-Cohen, Maître-Cohen.
(4) Pierre-Jacques Willermoz, médecin et Alchimiste.
(5) Apprenti-Cohen Compagnon-Cohen, Maître-Cohen (Classe du Porche)
(6) Grand-Architecte, Chevalier-d'Orient, Commandeur d'Orient
(7) Réau-Croix.
(8) Dans l'Ordre des Cohen, et à l'égard de don Martinez de Pasqually


LES DOUZE REGLES POUR LE COMBAT SPIRITUEL

(Traduit pour la première fois du latin de J. PIC DE LA MIRANDOLE, par le Docteur MARC HAVEN.)

I. - Si l'homme trouve dure la route de la vertu, parce que sans cesse il nous faut lutter contre la chair, le diable et le monde, qu'il se souvienne que quelque vie qu'il ait choisie, fut-elle selon le monde, beaucoup d'adversité, de tristesses, de désagréments, de travail s'y rencontreraient.

II. - Qu'il se souvienne que, dans les choses du monde, plus longtemps on combat, plus péniblement un travail succède à un autre travail, avec, au bout, le châtiment éternel.

III. - Qu'il se souvienne qu'il est insensé de croire qu'on puisse parvenir au ciel autrement que par une lutte de ce genre, de même que notre chef, le Christ, n'est monté au ciel que par la Croix ; la condition du serviteur peut-elle être meilleure que celle du Maître ?

IV. - Qu'il se souvienne que non seulement il faudrait supporter ce combat, mais le désirer, même s'il ne nous arrivait aucune récompense, seulement pour se conformer à la doctrine du Christ notre Dieu et Seigneur. Chaque fois qu'en résistant à l'un quelconque de tes sens tu te fais violence, pense à la partie de la Croix du Christ à laquelle tu te rends ainsi conforme. Quand, résistant à ton ventre, tu mortifies le goût, rappelle-toi sa boisson de fiel et de vinaigre ; quand tu retires ta main du rapt de quelque chose qui te plaît, pense à ses mains fixées pour toi sur le bois de la croix ; et si tu résistes à l'orgueil, rappelle-toi celui qui, alors qu'il avait la forme d'un Dieu, a accepté pour toi la forme d'un esclave et a été humilié jusqu'à mourir sur la croix, et quand tu es tenté par la colère, souviens-toi que lui qui était Dieu, et le plus juste de tous les hommes, se voyant malgré cela raillé, insulté, flagellé, couvert de toutes sortes d'opprobres comme un voleur, mélangé avec des brigands, n'a cependant donné aucun signe de colère ou d'indignation, mais supportant tout très patiemment, répondait à tous avec la plus grande douceur, et ainsi, en suivant tout point par point, tu ne trouveras aucune souffrance qui, par un certain côté ne te rende conforme au Christ.

V. - Mais ne te fie pas à ces douze armes pas plus qu'à aucun moyen humain ; confie-toi en la seule vertu de Jésus-Christ qui a dit : " Prenez confiance, j'ai vaincu le monde " et ailleurs : " Le prince de ce monde est jeté dehors " ; aussi fions nous à sa seule force pour vaincre le monde et dompter le diable ; et pour cela, nous devons toujours demander son secours par la prière et le secours de ses saints.

VI. - Souviens-toi quand tu as vaincu une tentation, que toujours une autre va venir, car le diable rôde toujours autour de nous, cherchant à nous dévorer. C'est pourquoi il faut toujours se tenir dans la crainte et dire avec le prophète : " je me tiendrai sur mes gardes. "

VII - Non seulement il ne faut pas être vaincu par le diable, mais il faut toi-même le vaincre, et cela se fait quand non seulement tu ne pèches pas, mais que, dans ce qui t'avait tenté, tu trouves l'occasion d'un bien ; de même, si quelque bonne, action t'est procurée, pour que tu te laisses aller à ce sujet à une vaine gloire, pense aussitôt que ce n'est pas ton úuvre, mais un bienfait de Dieu ; humilie-toi, et songe à être plus reconnaissant envers Dieu de ses bienfaits.

VIII. - Quand tu combats, combats comme sûr de la victoire, et devant avoir enfin une paix perpétuelle, car Dieu t'accordera peut-être cette grâce que le diable, confus, de ta victoire, ne reviendra pas ; quand tu as vaincu, comporte-toi comme si tu allais encore combattre, comme si tu combattais encore. Souviens-toi toujours de ta victoire, et, dans la victoire, souviens-toi du combat.

IX. - Quoi que tu te sentes bien gardé et fortifié, fuis cependant toujours les occasions de pécher ; le Sage a dit : " Qui aime le danger y périra ".

X. - Dans les tentations, cours toujours au principe et précipite les enfants de Babylone sur la pierre ; la pierre, c'est le Christ ; car le remède est toujours préparé tardivement, etc.

XI. - Souviens-toi que même dans le moment du combat, c'est une ruse de la tentation de montrer la bataille : et, cependant, il est bien plus doux de vaincre la tentation que d'aller au péché où la tentation t'appelle. Et, en cela, beaucoup sont trompés ; car ils ne comparent pas la douceur de la victoire à la douceur du péché, mais le combat au plaisir : et cependant l'homme, qui mille fois a fait l'expérience de ce qu'était céder à la tentation, devrait bien, une fois du moins expérimenter ce qu'est amère ta tentation.

XII. - En outre, parce que tu es tenté, ne te crois pas abandonné de Dieu ou peu agréable à Dieu, ou peu juste et imparfait. Souviens-toi qu'après que Paul eut vu la divine essence, il subît les tentations de la chair que Dieu permit qu'on lui envoyât, pour lui éviter celles de l'orgueil. Et en cela l'homme doit remarquer que Paul, qui fut un vase d'élection et fut ,enlevé jusquíau troisième ciel, était cependant en danger de s'enorgueillir de ses vertus comme il le dit lui-même : " Pour que la grandeur des révélations ne me fut pas un danger, on m'a donné l'aiguillon de la chair qui me souffletât ". Ainsi, de toutes les tentations, celle de l'orgueil est-elle celle dont l'homme doit le plus se défier, car l'orgueil est la racine de tous les maux : le seul remède contre elle est de songer sans cesse que Dieu s'est humilié pour nous jusqu'à la croix et que la mort, malgré nous, nous humiliera jusqu'à faire de nous la nourriture des vers.

Les douze armes du combat spirituel que l'homme doit avoir sous la main au moment où le péché l'attire :

1. Le plaisir est court et faible.

2. Il a pour compagnon : le dégoût, le remords.

3. C'est la perte d'un plus grand bien.

4. La vie est un rêve, une illusion.

5. La mort est là, venant à l'improviste.

6. La crainte de l'impénitence.

7. La récompense est éternelle ; le châtiment.

8. Dignité et destination de l'homme.

9. Paix de l'âme pure.

10. Bienfaits de Dieu.

11. La Croix du Christ.

12. Le témoignage des martyrs, l'exemple des saints.


Les douze conditions de celui qui aime :

1. Aimer une seule personne, tout dédaigner pour elle.

2. Estimer malheureux l'amant séparé de celle qu'il aime.

3. Tout souffrir, même la mort pour être avec elle.

4. Prier qu'on lui plaise.

5. Etre toujours avec elle, au moins en pensée, si matériellement c'est impossible.

6. Aimer tout ce qui lui touche de près : ses amis, sa maison, ses habits, ses portraits.

7. Désirer entendre ses louanges, ne pouvoir supporter un mot offensant à son égard.

8. Croire d'elle les plus grandes merveilles, souhaiter aussi que tous les croient.

9. Désirer souffrir pour elle et trouver du plaisir à cette souffrance.

10. Pleurer souvent à son sujet, de douleur en son absence, de joie en sa présence.

11. Toujours languir, toujours brûler de désir pour elle.

12. Servir, sans arrière-pensée de payement ou de, récompense

 

 La théurgie cérémonielle, c'est-à-dire les rites propres à mettre l'opérant en rapport actif avec les esprits, les dieux, les anges, bons ou mauvais, cette théurgie-là, qu'on ne confondra pas avec la théurgie interne des néoplatoniciens et de Saint-Martin où le rapport s'établit entre l'âme et Dieu par des moyens spirituels et, éventuellement, des procédés psycho-physiologiques ordonnés ; la théurgie des élus coëns faisait précisément des disciples de Martines de Pasqually, qui les y habilitait en les initiant rituellement aussi, des prêtres choisis (et non pas investis par une appartenance tribale ainsi que dans la loi de Moïse).

Ces derniers, titulaires du plus haut degré de l'ordre, sont prêtres en plein, non pas selon le sacerdoce organique des Eglises chrétiennes, mais d'un sacerdoce ésotérique et, en même temps, réputé le plus général qui, cependant, loin de se déclarer anti-chrétien, se réfère à des vérités catholiques, au double sens universel et confessionnel du terme. A bon droit ou à contre-sens ? C'est affaire de jugement théologique. En tout cas, rien d'une caricature, encore moins d'un sacrilège délibéré. Les titulaires des grades mineurs sont autorisés et même astreints à participer, chacun en ce qui les concerne, aux opérations.

Celles-ci se déroulent selon des prescriptions extrêmement minutieuses, d'une complexité qui croît avec la hauteur du degré. Martines de Pasqually, dans son Traité de la réintégration (éd. du bicentenaire, 1974, p. 392) distingue les types suivants d'opérations : « 1° le culte d'expiation, 2° le culte de grâce particulière générale, 3° le culte contre les démons, 4° le culte de prévarication et de conservation, 5° le culte contre la guerre, 6° le culte pour s'opposer aux ennemis de la Loi divine, 7° le culte pour faire la descente de l'esprit divin, 8° le culte de foi et de la persévérance dans la vertu spirituelle divine, 9° le culte pour fixer l'esprit conciliateur divin avec soi, 10° le culte annuel ou de dédicace de toutes ses opérations au Créateur. Tous ces cultes ont été compris dans les deux qui ont été opérés par Moïse chez Israël et par Salomon dans le temple, où les différents bois et les différents parfums consacrés aux sacrifices ont été mis en usage. Le temps où chacun de c«s cultes s'opérait était à chaque renouvellement de lune, et, depuis que les hommes existent, ce culte s'est opéré parmi eux ».

Cette liste tient moins du catalogue exact, quoiqu'elle paraisse s'y apparenter, que de la délimitation d'un champ d'action.

Le champ, c'est le monde, l'immensité, dit Martines de Pasqually, terrestre et l'immensité céleste, mais elle implique aussi les deux autres immensités qui, avec celles-là, composent le Tout : immensité surcéleste et immensité divine. Quant à l'action, c'est un combat, une participation, et la plus utile, la plus nécessaire qui soit, de l'homme au combat de l'ombre et de la lumière : à son profit, pour l'humiliation des démons, esprits de par leur volonté déchus, en vue de les neutraliser et de leur réintégration ultime (comme de tout ce qui n'est pas Dieu, dans la cour divine), avec le concours des esprits fidèles, et à la gloire de l’Éternel, jusqu'à ce qu'elle soit entière et que ce nom seul se fasse entendre, ainsi que d'une seule voix, par sept fois sans cesse répétées.

Mais l'homme étant incorporisé, d'après la doctrine des élus coën, qu'il tourne donc à son avantage et à l'avantage du spirituel, le matériel si souvent dommageable ! Les rites naissent de cette conversion, où interviennent figures, notamment cercles et quarts de cercle, « vautours », paroles, parfums, chandelles et calendriers, ornements personnels, surtout les noms des bons et des mauvais esprits avec leurs hiéroglyphes, ou leurs griffes, respectifs, leurs signatures. Au cours des opérations, des esprits, qu'il a d'abord fallu appeler, convoquer à toutes fins utiles (et c'est selon leur nature), se manifestent, si tout va bien, par des signes visibles - les « passes » - que le recueil des hiéroglyphes permet d'identifier. Une importance particulière est reconnue à l’aide de l'esprit « bon compagnon », exotériquement l'ange gardien ou à peu près.

(Extrait de la revue l’Autre Monde n°70 - avril 1983 - pp.18-21).

 

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